Quand on parle de course à pied aujourd’hui, on pense souvent chaussures ultra-technologiques, amorti maximal, plaques carbone ou recherche de performance. Pourtant, depuis plusieurs années, j’ai progressivement pris un chemin un peu différent : celui de la course minimaliste.
Une approche qui intrigue parfois, surprend souvent, mais qui m’a surtout amené à me poser beaucoup de questions sur notre façon de courir, de bouger… et d’écouter notre corps.
Au départ, il ne s’agissait pas d’une révolution du jour au lendemain. Comme beaucoup, j’ai commencé une transition progressive. Ma première étape a été une paire de chaussures minimalistes Merrell avec laquelle j’ai parcouru environ 500 kilomètres.

J’ai repris très progressivement : alternance marche/course, petites distances, puis une fois le cap des 5 km ou des 30 minutes de course continue atteint, j’ai augmenté doucement la fréquence des sorties avant d’arriver vers des distances autour du semi-marathon.
Puis sont arrivées les sandales.
Et là… retour à zéro.
J’ai recommencé exactement comme au début : marche/course, adaptation, courtes sorties, augmentation progressive de la fréquence. Cette fois encore, l’objectif n’était pas d’aller vite mais de laisser au corps le temps d’apprendre.
Ce qui me plaît profondément dans cette approche, c’est qu’elle oblige à ralentir et à écouter les signaux. Avec moins d’artifices, les contraintes mécaniques se rappellent beaucoup plus vite à nous. Les erreurs deviennent difficiles à masquer.
Une surcharge, une mauvaise adaptation ou un excès d’enthousiasme se ressentent rapidement.
Paradoxalement, je vois cela comme une sécurité : les alertes arrivent plus tôt et obligent à rester humble.
Cette réflexion a aussi été renforcée lors de ma formation à la Clinique du Coureur. Une expérience m’avait marqué : une personne présentant notamment de l’arthrose au niveau des genoux avait réalisé quelques foulées pieds nus dans le cadre d’un exercice d’observation.
En seulement quelques mètres, sa façon de courir s’était modifiée naturellement. Son schéma moteur avait changé presque instinctivement et surtout… elle rapportait moins de douleur.
Ce n’était évidemment pas une preuve scientifique ni une solution universelle, mais cela m’a rappelé quelque chose d’essentiel : le corps possède souvent des capacités d’adaptation étonnantes lorsqu’on lui laisse certaines possibilités.
Aujourd’hui, je ne défends pas une vision opposant chaussures modernes et minimalisme. Je ne pense pas qu’il existe une méthode miracle ou une vérité unique.
Je vois davantage cela comme un outil supplémentaire pour mieux comprendre le mouvement humain.
En tant qu’éducateur sportif et coach sport-santé, cette expérience a aussi changé ma manière d’accompagner les personnes : davantage d’observation, plus de progressivité, une attention particulière portée aux signaux du corps et au pouvoir d’adaptation individuel.
Parce qu’au final, au-delà de la chaussure ou de la technique, la vraie question reste peut-être :
Comment aider chacun à retrouver une manière de bouger qui lui correspond ?

Une soirée pour échanger autour de la course à pied
J’aurai également le plaisir d’intervenir lors d’une rencontre dédiée à la course à pied :
Vendredi 12 juin à 18h
Cabinet de kinésithérapie de Telgruc-sur-Mer (en face de la Poste)
Cette soirée gratuite sur inscription réunira plusieurs intervenants aux regards complémentaires autour du thème :
« Améliore tes performances en course à pied »
Intervenants :
- Marie Fouqué — Kinésithérapeute
- François Hinault — Organisateur GRF
- Sophie Le Borgne — Podologue
- Benjamin Morvan — Podologue
- Tristan Morvan — Éducateur sportif
- Clément Nicolas — Running Conseils Châteaulin
- Gwenaëlle Quelven — Kinésithérapeute
Pour ma part, j’aurai l’occasion de partager cette expérience autour du minimalisme, de la course en sandales, mais aussi cette réflexion sur le mouvement, l’adaptation du corps et la façon dont cette pratique a progressivement changé mon regard sur l’accompagnement sportif.
L’inscription est gratuite mais les places sont limitées. Pensez à réserver votre place.
Je suis curieux aussi : avez-vous déjà essayé de courir pieds nus ou avec une approche plus minimaliste ?